Bonjour !
Comme vous l’avez très probablement compris, le site OiseauGentil s’apparente à ce qu’on appelle un blog, « un journal personnel, une chronique d’humeur sur Internet » (Le Robert). Je compte aborder trois points dans ce court article : ce qu’est OiseauGentil, pourquoi OiseauGentil, et enfin une analyse de la division du travail qui s’opère sur Internet, amenant à une mort progressive de cet espace de liberté qui m’est si cher.
Définir ce que sera ce site m’est important, car cela me permettra de savoir la portée que je compte donner à ce blog. Dois-je en faire un simple lieu de stockage de mes pensées du moment ? Un blog centré autour de la lecture ? Un lieu de partage de mes idéaux politiques pour mener une révolution future ? Pour l’instant, je n’en sais absolument rien.
Je trouve pour l’instant de l’intérêt à tout traiter. Je note de nombreuses idées pour de futurs articles, de nombreux ouvrages à résumer. Je compte aussi explorer d’autres moyens de m’exprimer : nouvelles, vidéos, photos. Pour l’instant, ce site n’en est qu’à ses balbutiements, et cette absence de cadre clair est très bien ainsi.
Si je devais définir la portée de mon projet, je dirais qu’il se concentrera surtout autour de mes lectures, et j’essaierais également de faire de courtes analyses sur des sujets qui me tiennent à cœur, qu’ils soient d’actualité ou non.
J’écris cet article en parallèle de mon article qui paraîtra prochainement sur « La gêne » et sur le fait de commencer des projets qui nous tiennent à cœur. Je considère qu’il est temps pour moi d’essayer de créer quelque chose dont je suis fier et de soumettre cela au jugement des autres, pour progressivement chercher mon style, mes sujets de prédilection et voir comment le « marché » réagit également à mes productions.
PS : J’entends par marché mon cercle d’amis, mes collègues et mes proches… Vous l’aurez compris, pour l’instant c’est juste un fourre-tout !
Pour de très nombreuses raisons :
Je considère la lecture comme essentielle et incontournable pour quiconque veut faire preuve d’un peu d’intelligence et d’esprit critique. Avoir un blog public m’impose de devoir écrire régulièrement si je souhaite rendre les gens curieux et attentifs à mes publications.
Or, pour écrire, il m’est de fait nécessaire de lire. Je ne suis pas capable d’avoir des idées brillantes tous les jours, malheureusement. Ainsi, écriture et lecture vont de pair, dans le but d’exposer mes idées et mes pensées à la vue des autres.
Pour l’instant, le site est extrêmement basique, mais je souhaite implémenter des fonctionnalités simples comme des commentaires, des espaces plus créatifs, le partage de musiques… Bref, je souhaite apprendre à coder pour créer un site original et ainsi tenter d’exprimer une créativité qui sommeille en moi.
Il m’est aussi nécessaire, à ce stade de ma vie, de m’exposer à la vue des autres, de me montrer. J’ai toujours aimé Internet pour cette facilité avec laquelle vous pouvez produire quelque chose et l’afficher à la vue de tous. Je considère ce blog comme un premier pas vers une forme d’exposition plus large sur Internet à l’avenir.
Dans l’ensemble, OiseauGentil est un premier jet d’une volonté de produire un contenu original sur Internet et de le proposer à mon entourage. Également, et ce sera le sujet de mon dernier chapitre, je veux produire une expérience Internet légèrement old school.
L’évolution actuelle de cet outil tend à le rendre sans âme ; la théorie du « dead internet » prend une réalité assez évidente au vu de l’arrivée massive de l’IA sur les réseaux sociaux. OiseauGentil est quelque chose de simple qui me permet d’échanger avec ceux que j’aime et de ne pas avoir à être présent sur les plateformes traditionnelles.
Internet me tient fondamentalement à cœur, car c’est un espace central de liberté dans lequel j’ai toujours évolué. C’est un prolongement de nos vies, dont l’objectif initial est de nous rapprocher de nos proches, de nos communautés, de parfaits quidams. Or cette cohésion sociale qu’offre Internet est aujourd’hui grandement mise à mal.
Nous le voyons assez aisément : nous avons quitté les logiques de forums, de blogs, de groupes Facebook, de sites spécialisés sur des sujets, de contenus artistiques amateurs, pour passer dans une concentration assez froide de toute l’information et de tout le contenu.
L’utilisation d’Internet se limite bien souvent à la consommation de contenu sur des réseaux sociaux et à la recherche d’informations sur des chatbots IA qui contournent le besoin d’accéder à des sites. Les autres sites restent bien souvent des outils professionnels ou des sites d’entreprise ou de vente en ligne.
Dans cette logique, un reliquat de l’Internet d’autrefois reste la pornographie, qui, malgré la tentative des plus gros sites de cannibaliser le marché, montre encore un morcellement important de la production de vidéos et des sites qui publient ces contenus.
Le puritanisme protège encore les plus petites plateformes de voir émerger une application Pornhub sur tous les téléphones, qui viendrait avoir un monopole à la façon de YouTube, dont les fonctionnements sont sensiblement les mêmes.
Je souhaitais parler de division du travail sur Internet, car c’est cette logique qui pousse la lente perte d’intérêt collectif vis-à-vis de cette merveille technologique que représente la Toile.
Internet a commencé comme une technologie permettant de transmettre des informations et des documents entre différents appareils. C’était une logique initialement de peer-to-peer, avec des échanges de données décentralisés.
Progressivement, cette technologie a permis, à travers le World Wide Web, la création des premiers sites web. Initialement très spécialisés, ce sont l’arrivée des premiers moteurs de recherche qui ont permis une navigation plus facile entre les différents sites.
C’est alors qu’arrivent, dès la fin des années 1990, les premiers forums, les blogs et les grandes bases de données en ligne. Les années 2000 sont marquées par l’essor des premiers réseaux sociaux, dont les plus importants finiront par prendre et concentrer l’attention (Facebook, YouTube, Twitter…).
De nouveaux réseaux sociaux viendront alors progressivement prendre de la place sur Internet (Instagram, TikTok…). Les réseaux deviennent alors des applications utilisées par tous, mais avec une utilisation assez personnelle, dont les publications ne cherchent pas à atteindre de nombreux utilisateurs.
Cependant, c’est à ce même moment qu’arrivent les vrais premiers « influenceurs ». Les réseaux se professionnalisent et le contenu proposé augmente grandement en qualité et en quantité.
Nous nous retrouvons alors avec un lien puissant : d’un côté, une dépendance sociale aux réseaux par l’utilisation quasi systématique de ces applications par certaines tranches de la population ; de l’autre, une production de contenu par des influenceurs qui devient une activité professionnelle à part entière, améliorant de fait ce qui est proposé sur Internet.
De cette alliance naît une addiction absolument infecte de l’ensemble de la jeunesse, mais également des plus âgés. Dernièrement, l’arrivée des IA génératives, depuis la fin du COVID, a apporté un outil qui permet de produire en masse du contenu de piètre qualité et assez peu original, et de rechercher de l’information avec une immense facilité.
Cela a alors eu deux conséquences : un Internet submergé d’un contenu toujours très identique et la possibilité de contourner l’accès aux sites en faisant des recherches uniquement via des chatbots IA.
Cette histoire a mené à l’utilisation actuelle que nous faisons d’Internet. Nous scrollons et nous parlons avec Claude ou ChatGPT, puis nous refermons nos ordinateurs. En agissant ainsi, nous perdons entièrement notre rôle actif sur la Toile.
Là où Facebook incitait à créer des groupes autour de sujets spécifiques ou encore à simplement publier régulièrement des « posts » pour son cercle d’amis, là où YouTube regorgeait de vidéos de personnes qui filmaient leur quotidien (la première vidéo du site filmait le fondateur lors d’une visite dans un zoo), là où les blogs et les forums invitaient à interagir avec ce qui était partagé par les autres, nous faisons aujourd’hui face à un Internet qui nous domine, qui s’impose à nous, et avec lequel on ne peut pas interagir.
Le « scrolling » fait fondamentalement perdre toute emprise qu’avait un individu sur un groupe restreint de personnes ; sa capacité d’interaction se limite à un like ou un repost sans conséquence quelconque.
Une séparation profonde s’est opérée : il y a d’un côté des influenceurs, et de l’autre côté des influencés. Les plateformes incitent volontairement à cette marche de l’histoire.
Les algorithmes cherchent à mettre en avant les contenus les plus susceptibles de retenir le plus longtemps l’attention. Plus les algorithmes deviennent performants et cherchent cette finalité, plus l’interaction entre les utilisateurs se meurt.
Il y aura alors ceux qui auront compris comment produire du contenu qui marche, et les autres qui ne parviendront pas à dépasser quelques centaines de vues face à l’infinité de vidéos avec lesquelles ils sont en concurrence.
De ce fait s’opère cette division profonde des tâches. Il y a ceux qui produisent, et ceux qui consomment. Ceux qui produisent ont tout intérêt à toujours plus produire (avantagés par l’algorithme s’ils sont réguliers, avec un avantage financier et social) ; ceux qui consomment sont toujours plus rendus addicts à consommer le contenu Internet.
Cette division profonde entre les utilisateurs change profondément l’utilité qu’on fait d’Internet.
OiseauGentil est une tentative pour moi d’utiliser Internet comme un moyen de partager mes idées à mon entourage et de me rapprocher d’eux en les invitant au débat.
Je vais finir abruptement cet article, car je vais me coucher, que j’ai la flemme de le reprendre et que vous avez tous compris l’idée que je développe…
Je compte tout faire pour donner vie à ce site et pouvoir fièrement partager mes écrits.
Amour et tendresse <3